Cette programmation propose un regard ironique sur les modèles de réussite de notre société: richesse, amour, célébrité, sécurité... A travers cette sélection, le public découvrira l’univers aseptisé des gens heureux (Corinna Schnitt, Liisa Lounilla), nos rêves de célébrité malmenés (Pascal Lièvre), une carte postale de vacances en bord de mer (Laetitia Bourget)... Ces œuvres ont en commun l’utilisation des clichés de la culture populaire empruntés à la télévision, la mode et la publicité y compris l’humour et ses effets pervers . L.C.

   
 
 
 
       
   

 

 


 

Living a Beautiful Life I Corinna Schnitt
13 min, 2003
Corinna Schnitt filme et raconte des tranches de la vie quotidienne dans un environnement structuré et rassurant. Au fil de l’histoire la caméra s’éloigne et le spectateur se rend compte de l’étrangeté des monologues de l’héroïne. De manière humoristique, Corinna Schnitt crée des scénarios absurdes en perturbant la tranquillité apparente des zones pavillonnaires.
Dans la vidéo « Life is beautiful», elle demande à des acteurs de jouer d’incarner un couple parfait tel que l’a décrit un groupe d’enfants américains. " Ma vie est simple et je considère que ce sont les petites choses matérielles qui ont le plus d’importance. J’aime chanter, écouter et jouer de la musique, dans la voiture, quand je me réveille, etc. "

   


 

Das Nächste Mal I Corinna Schnitt
6min, 2003
Deux enfants allongés dans un champs échangent des mots d’amour. Le film thématise de manière ludique et ironique les représentations sociales de l’amour, du romantisme et de l’idylle.

   


  
 

Coquillages et crustacés I Laetitia Bourget
7 min, 2002. Musique : entité sonore Gangpol Ins.
Une promenade sur la plage ensoleillée à ramasser des coquillages, qui s’achève par une baignade parmi les sacs plastiques en suspension. Cette promenade est rythmée par le thème musical de La Madrague.

   


  L’axe du Mal I Pascal Lièvre
5min30, 2003
Un texte de Georges W.Bush cité dans le journal Le Monde daté du 31 janvier 2002 « Un axe du mal, armé pour menacer la paix du monde » est chanté sur la musique de la chanson « and when the rain begin to fall » interprétée originellement par Jermaine Jackson et Pia Zadora. Nathalie Bujold plasticienne canadienne est avec Pascal Lièvre l’interprète de cette vidéo qui s’inspire du langage du vidéo-clip pour traduire la rencontre improbable de ce texte théo-géo-politique avec le langage amoureux. Ils sont filmés devant les chutes de Niagara, haut lieu symbolique pour les voyages de noces. Ils viennent y déclarer leur amour avec les mots de Mr Bush déclarant la guerre au terrorisme.


   


  Savoir aimer I Pascal Lièvre
1min30, 2004
« Je ne sais pas qui je suis ; j’ai un vrai problème d’identité. Je me sers de ce que font les autres et je suis incapable de faire directement un travail « personnel ». J’ai besoin d’utiliser des choses qui préexistent ; c’est pourquoi j’emploie la musique populaire dans mes vidéos. Quant à ma peinture, c’est une sorte de karaoké. J’aime répéter l’histoire de l’art autrement.» Pascal Lièvre - revue Particules, n°36 février/mars 2004
Les vidéos de Pascal Lièvre, comme ses peintures, relèvent du mixage, du mélange de symboles culturels préexistants. Elles sont des jeux de langage, des « espaces de rencontre », selon la définition de l’artiste, entre la psychanalyse, la politique et la chanson populaire. Entre Lacan et Dalida, George Bush et Germaine Jackson... Dotées d’un humour décapant et d’une bienfaisante légèreté, elles sont conçues et réalisées avec une grande économie de moyens et révèlent le regard de l’artiste sur notre monde, regard critique particulièrement aigu.

   


  Play I Liisa Lounilla
5min, 2003.
Ce film est tourné avec un appareil photo bricolé, qui expose simultanément 528 plans. Projetés comme un film, comme une image mobile, ils créent un sentiment de déplacement autour d'un sujet pétrifié.
Dans tous ses films, Liisa Lounilla utilise un effet spécial familier des films d’actions, le «time-slice», tout en y ajoutant un contraste et un grain de ses images qui s’éloignent des images glacées de l’industrie hollywoodienne. Ses trois dernières installations vidéo, Popcorn (2001), Flirt (2002) et Play (2003) constituent une trilogie qui tente de rappeler le souvenir d'une situation sans faire appel à un narrateur.
Liisa Lounilla a représenté la Finlande dans le pavillon nordique de la biennale de Venise 2003.

   


  King I Olaf Breuning
9 min, 2000.
Sous formes de photographies, de projections vidéos ou d’installations, l’oeuvre d’Olaf Breuning détourne et fusionne, depuis le milieu des années 90, un certain nombre de codes culturels puisés dans des champs aussi divers que l’art contemporain, la musique (pop, heavy metal, techno, etc.), le cinéma, la télévision, ou encore la publicité, les magazines de mode, le vidéo-clip, le jeu vidéo. Fort de ce vocabulaire existant et surdéterminé, l’artiste élabore néanmoins un univers esthétique personnel et indépendant, marqué avant tout par l’hybridation et l’indétermination, brouillant toutes sortes de limites et de frontières entre les genres et les sexes, entre le réel et la fiction.